L’Ivre D’Hors – Fabergo
Une petite escapade en Lorraine, pour cette fin du joli mois de Mai, ça vous chante ? Une « ballade » d’un pas joliment twistant sur la route de Metz vous fait frétiller les papilles des oreilles ?
Si d’office l’idée ne vous emballe pas forcément, et bien sachez que vous fourrez l’index droit (ou gauche, selon ce qui vous est le plus familier) au beau milieu de la cornée. Car au hasard d’une pérégrination d’ordre musicale, vous pourriez vous accrochez aux mélodies tendrement biscornues d’un foutriquet chansonnier blond nommé Fabergo armé de son opus poétiquement intitulé L’Ivre D’Hors !
A pas encore trente ans, le bonhomme, aux allures de Pierre Richard qui aurait trouvé le rythme de la vie, se trimballe déjà un monde bizarre assez sympa à découvrir. Un peu à côté de ses pompes, un peu mal assuré, le chantonneur se joue des règles et du style avec des airs d’ Alain Souchon qui marcherai en crabe tant ce jeune homme est décalé. Il pose sa voix en une sorte d’équilibre fébrile prêt à se casser la gueule toutes les cinq minutes puis ça se récupère, l’air de rien, en se jouant des lois de la gravité. Ca aussi d’ailleurs, la gravité il s’en tamponne, prenant un air jean-foutiste concernant des sujets plus ou moins sérieux, entretenant la distance humoristique et l’écriture affûtée, quasi jongleur de syllabes. Il met de l’électro dans son jazz, du blues dans sa variété, du rock dans ses valses, du celtique dans sa pop. L’album amuse beaucoup par son côté très ludique et sa diversité. Cet artiste, c’est une sorte de Dahu musical qui perdrai son identité, sa saveur, si on avait le malheur de lui retirer son funambulisme créatif.
D’autant qu’il eut été dommage de ne pas découvrir des titres comme La Muse Et L’Amie (petite dose de poésie pop, un duo assez savoureux avec une jeune femme, Joanna Bertrand), Beau Ca ! (entre jazz, bossa nova et sonorité électro, un petit régal qui fait se balancer la caboche gentiment ) ou 21 Rue Gosselin (portrait coloré d’un voisinage qui rappelle la verve d’un Alexis HK).
Un disque de Fabergo est un objet qui ne ressemble pas franchement à ce qu’on a l’habitude de cracher sur les bandes FM… Et c’est bien ça qui est dommage. Un petit peu d’ivresse musicale, marché de guingois sur nos chaussons de danse, ça réjouit l’âme et adouci les tympans, vous pensez pas ?
Olvig











