La Magnifique Eclosion.

Le festival rémois s’est officiellement dévoilé ce lundi 19 mars. C’est au club que Cédric Cheminaud – La Cartonnerie – et Philippe Legoff – Césaré – accueillent un petit parterre de journalistes avides. Leur enthousiasme quant à ce deuxième opus est communicatif. Et pour cause : l’édition 2017, fut une réussite, un challenge pour une jeune première. Aussi, cette année, l’organisation s’ajuste, et l’esprit s’affirme.

Déjà, le festival s’échauffe, comme l’année dernière, lors d’une semaine d’avant-garde. Du 9 au 14 mai, les amuse-bouche s’installent en un seul et même lieu : à Quartier Libre, tout beau, tout neuf. « En s’installant là-bas, nous soulignons notre ancrage expérimental » explique Philippe Legoff. Effectivement, si l’Avant-Garde 2017 se dispersait en plusieurs lieux rémois, le cru 2018 se fixe en un seul lieu, pour plus de commodités et de cohérence. Véritable laboratoire d’innovations, de mutualisations et d’échanges, Quartier Libre s’inscrit dans la grande ligne directrice de la mise en jambe du festival. Des installations visuelles et sonores se succéderont pour confectionner une vaste sculpture interactive ouverte aux visiteurs, en entrée libre, chaque jour, et sur des larges plages horaires : « Les yeux du grand manteau de nuit » d’Uriel Barthélémi est un spectacle qui se présente comme un voyage inédit au-dessus de la canopée, et « Floating Square », de Vincent Martial, comme une exploration hypnotique et onirique de l’espace. Ces deux rendez-vous s’ouvrent aussi aux publics scolaires. Au-delà de ces installations, Césaré propose aussi des sessions électros, comme F.A.T. Live, samedi 9 juin, des voyages suggérés, en Laponie, avec « Johtolat » le 13 juin, et du partage, comme pour le « Green Sunday, le 10 juin, un brunch performatif, et une journée dédiée aux nouveaux instruments de musique, « Hub Day », le 14 juin.

Les dandys de la paix.

Et après ? Et bien après, vous êtes tous hyper échauffés pour démarrer votre marathon festivalier comme il se doit. Trois jours et pas moins de 36 noms dévoilés pour remplir chaque seconde sur scène. « La programmation d’un festival traduit toujours quelque chose du moment et de la société » explique Cédric Cheminaud. Mais le festival, ce n’est pas qu’une programmation, c’est aussi une ambiance collective. Pour conjuguer les deux pierres angulaires, un seul fil rouge : le clash élégant. « Cette année, la Magnifique Society est une concentration d’énergies, à travers le globe. On traverse les générations, de la découverte au rayonnement international. Et surtout, on suit la sape. » Le teaser vidéo, dévoilé en cette occasion, définit bien cette cohérence. La philosophie de la sape et ses ambianceurs aux looks impeccables, donnent au festival un petit côté « dandy de la paix » qui va remuer les méninges et faire danser jusqu’à la lie. Entre la clairvoyance et l’insouciance, l’art de la sape refuse le négatif pour ne laisser la place qu’au plaisir, et c’est précisément là que se situe notre festival rémois. Aussi, programmation et ambiance se jumellent pour sourire à toutes les générations et tous les délires et désirs musicaux. Outre les noms qui ont progressivement été dévoilés depuis décembre, et dont une liste non-exhaustive ne serait pas très utile dans cet article puisque vous pouvez tout retrouver ICI, Cédric Cheminaud a annoncé huit nouveaux artistes : Naya – pop française douce et chaleureuse, Jessie Reyez – une voix puissante et un charme à la Winehouse volontiers R’n’B hip-hop, Underdog Effect – des rémois outsiders, Vladimir Cauchemar – étrange et hypnotique, hashtag flûte à bec, DYGL – indie rock direct from Japan, Tshegue – furie énergique transcendante du Congo, Clara Luciani – de la poésie et des mélodies à la fois fragiles et explosives, Moodoïd – rock et psychédélique, et enfin Ian Caulfield – poète pop sensible et profond, en ascension perpétuelle.

Et les satellites.

Autour, il y d’autres fondamentaux dont la Magnifique Society ne pourrait plus se défaire. 2018 étant l’année du Japon, et Reims étant jumelée à Nagoya, le Tokyo Space Odd est plus que jamais attendu sur le festival avec des concerts, des jeux, des projections et un pop-up store dédié au manga. Aussi, la Petite Society fera appel à la créativité des festivaliers. Fière de son succès 2017, la Petite Society double de volume et proposera des activités en lien avec l’identité du festival : la musique (challenge concours de double-pédale à la batterie), la nature (confection de couronnes de fleurs), et la SAPE ! avec des personnalisations de tote bags, et un atelier boutique, un peu friperie, un peu laboratoire des codes de la sape.

Aucun doute : la Magnifique Society sait se renouveler, dans tous les sens du terme. Pour un deuxième volet, on sent bien venir une belle envolée.

Texte: Agathe Cèbe

 
© 2012 Les music'ovores. Association loi 1901. Tous droits réservés. Design SV/mogsart