In Diesem Moment – Roger Cicero

Le Skeud’ovore s’étant exilé jusqu’en Allemagne pour ses vacances, c’est un artiste germanique qui est donc passé par ses tympans mélomanes…

Cette semaine, je vous emmène en terrain miné parce que parler d’un chanteur de langue teutonne est un sacré piège tant les quelques références de l’imagerie collective francaise sont plus ou moins pavées de mauvaises intentions… Je vais tenter d’éviter autant que possible les mille et un poncifs existants sur du hard rock allemand pour post ados tatoués aux cheveux longs, encore moins sur de la pop rock dégoulinante pour adolescentes en mal d’androgyne couinant de vagues mélodies rockisantes… Ce serait trop facile ! Moi, je choisi de vous présenter le nouvel album d’un chanteur qu’à titre personnel je suis depuis un septénat… je vous parle du jazzman Roger Cicero.

Ce quadra romano-germanique aux méchants airs de jeune Sinatra ensoleillé hante les scènes européennes depuis 2003 avec un succès grandissant outre-Rhin… Surtout depuis 2006 où il fit grand effet lors de la kitchissime Eurovision en proposant  du jazz traditionnel en langue allemande. Cela eut le don d’attirer l’attention sur son travail et de lui forger un public de plus en plus grand. Avec le temps, il intègre d’avantage de pop dans son jazz sans pour autant perdre l’intégrité ni la cohérence de ses compositions.

Il a sorti fin 2011 son quatrième album solo, In Diesem Moment (À ce moment-là) qui m’a rendu le sourire lors de mes journées d’ennui et m’a donné des envies de danser dans les rues facon Gene Kelly, avec classe et virilité ! Il y a, dans ses chansons, un truc à la fois très élégant, entre James Bond et Rat Pack, et joyeusement canaille qui colore le quotidien… Avec, il est vrai, cette touche de bizarrerie presque exotique d’accoller aux sonorités jazz des textes dans la langue de Goethe qui donne son identité propre à cet artiste dans une époque où tout musicien qui se respecte tend à l’anglophonie universalisatrice.

Je n’ai jamais eu l’occasion de voir Roger Cicero sur scène, chose que je déplore l’oeil presque humide… Je fais donc un appel à nos assos rémoises qui ont pour but de promouvoir le jazz sous toutes ses formes, nos amis de Jazz Us ou encore les Flâneries Musicales… Si l’envie (et peut-être aussi le courage car j’ai conscience de l’enjeu que cela représente) vous vient de vous lancer ce petit défi de proposer un machin plein de talent et d’originalité à un public curieux, pensez à Roger Cicero… Ca rendrait au moins un Music’ovore heureux !

Pour découvrir le travail de ce type épatant, passer donc par ICI ou par !

Olvig

 
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