I Thought I Was An Alien – SOKO

J’ai un coup de foudre pour un charmant petit extra-terrestre, aujourd’hui. Un petit bout de météore que j’avais pris pour une étoile filante de la toile, il y a cinq ans. Qui s’avère être comme un rayon de soleil d’un matin d’automne.

Soko, perso, je l’avais repérée par hasard, en tombant dessus devant ma téloche, alors que la demoiselle s’affairait à jouer la comédie de façon troublante et qui, sans crier gare, a laisser s’échapper un petit oiseau malingre de sa gorge. Une mésange « regard triste » à la voix fébrile mais à la sensibilité et à la fraîcheur décapante. Sur le net, j’ai découvert des dizaines de chansons et pas l’ombre d’un véritable album, à peine un EP traînant de-ci, de-là ! Je l’ai vu sur des vidéos YouTube, dans des long-métrages de très bons réalisateurs francophones mais jamais du musical bien à elle. Pourtant, il me semblait évident que la bordelaise d’aujourd’hui 27 ans avait le talent suffisant pour émerger autrement que de façon confidentielle. Et voilà qu’elle sort soudain de sa poche ce truc plein de nostalgie Pop rock et folk, I Thought I Was An Alien. Quinze titres qui transportent l’écoutant dans l’univers très particulier de la drôle de fée. Y a du mystique dans ses chœurs, du Françoise Hardy dans sa voix fragile et forte à la fois et dans la mélancolie de ses textes aussi. Y a comme du Damon Albarn et du Leonard Cohen dans la prod de cet album. En gros, on s’y sent comme dans un cabinet de curiosité dans ce disque. On s’y sent observé par des créatures étranges aux yeux tristes ou comme dans un film de Sophia Coppola, comme dans un doux ennui recherché et apprécié… C’est flottant, virevoltant, cotonneux tout en laissant dans l’air un sillage capiteux, presque palpable, lourd. C’est une matière en soi, la musique de Soko. On y adhère complètement ou pas du tout mais on n’y reste pas insensible. Moi, je m’y suis enfoncé comme un enfant attiré et effrayé par la sorcière au visage envoûtant s’avance dans sa maison de pain d’épice et de sucre d’orge. Avec appréhension et volupté, un sentiment doux-amer pas si désagréable qu’il n’y paraît. J’y ai savouré allègrement des sucreries (hallucinogènes) telles que I Just Want To Make It New With You ou No More Home, No More Love… A découvrir !

 

Olvig

 
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