Eddy de Pretto

Soyons direct : J’aime bien que des artistes sortis de nulle part m’apportent un truc inattendu, un truc que je n’espérais pas et qui pourtant va me devenir indispensable ! Eddy De Pretto, c’est exactement le genre de mec que je ne m’attendais pas à voir débarquer dans mon oreille cet été et qui pourtant va s’y installer un long moment façon squatteur de terrain vague.

Il est arrivé dans mon oreille grâce à des infos radiophoniques où on parlait de lui comme le coup de poing des festivals de l’été suivi d’un extrait du seul titre trouvable sur YouTube jusqu’à il y a peu. Fête de trop. Mélange d’orgue, de piano et de beats électro. Quelque chose entre la production classique de Hip Hop et la chanson française « à texte » de cette dernière décennie. Sa voix : juste, belle, frontale, sans fioritures. Son texte : surprenant, mélange de mots crus et de tournures à la limite du poétique. Je ne savais pas sur quel pied dansé, je ne savais pas le classer ! Bingo ! C’est ça qui a susciter mon intérêt. Plus que ça : cela m’a fait commencer chacune de mes journées de l’été par la diffusion du morceau en question sur mon smartphone, comme une dépendance musicale. Ils sont rares, les artistes à produire cela sur moi.

 

 

 

 

Au second abord, Eddy De Pretto questionne par son physique, son look… Ou plutôt son non look ! Cheveux mi-longs, ni blond, ni roux, t-shirt trop grand pour lui, peau diaphane et tâche de rousseur, pantalon à vingt balle remonter jusqu’au nombril, montre au poignet d’adolescent qui s’en fout. Une gueule qui rappelle celle d’Edward Norton au début de Fight Club. Pas Beau, Pas moche. Le mec qu’on pourrait croiser dans la rue sans se retourner sur lui. Sur scène, il a des attitudes de rappeur, mains pointant le public d’un flingue à deux doigts, micro porté aux lèvres comme Eminem dans 8 miles, balancement rythmique, mais chante comme s’il était un mélange de Brel, Barbara et Bashung. Tout est brut. Sans trémolo dans la voix. Les notes sont claires. Les textes sont léchés et acérés. Eddy De Pretto c’est un mec déstabilisant parce qu’il n’est personne à première vue et que ça musique lui donne une identité à l’empreinte indélébile ! Quand il débarque sur scène, il s’annonce présent sur tous les réseaux sociaux. Après vérification, cette information n’apporte rien. Sérieusement, on ne trouve rien sur lui. J’en suis même venu à douter qu’Eddy De Pretto soit son véritable nom. Toujours cette sensation que le mec n’est personne. Sa description : Un petit gars de Créteil, d’une vingtaine d’année qui a partager sa chaîne hi-fi de jeunesse entre Bouba, Synic, Diam’s, et la chanson française de Nostalgie. Rien de plus. Le Mec intrigue et c’est bien là son but ! Son EP est annoncé pour le 05 octobre, s’intitulera « Kid », il sera en concert dans le Grand Est ce même mois d’octobre, le 15, à Nancy à l’occasion du Festival Nancy Jazz Pulsations, et le 24, à Troyes, pour le Festival Off Off Off. Eddy De Pretto, je l’attends au tournant, surtout depuis que vient de sortir une vidéo du Bruits des graviers où il chante la chanson qui donnera son titre à l’EP, KID. Petit  traité critique sur la pression sociale qui pèse sur les hommes à être viril à tout prix. Eddy De Pretto, c’est un artiste qui m’a harponné contre son gré. J’ai donc l’impression d’être un reliquat de pêche sauvage qui n’attend qu’une chose : se faire bouffer. Qui sait ? J’y prendrai peut-être du plaisir.

Texte : Olvig

 
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