D’Autres Chemins – Skyscraper

Y a des êtres qui vous montrent le monde de façon plus jolie ou plus colorée ou sous d’autres dimensions ou juste différemment. Juste avec un peu de musique et des couleurs dans la voix, vous refabriquent l’univers l’espace de quelques titres, vous font planer, voyager avec les feuilles volantes de l’automne. Y a des peintres musicaux qui vous font oublier que le quotidien existe. Y a des gens comme le parisianno-troyen, Skyscraper et son troisième album, D’Autres Chemins.

D’une voix claire parfois mal-assurée, souvent inspirée, Benoît (puisque c’est son véritable nom dans le civil)  jongle entre chansons folk et titres aux consonances électro, passe de l’anglais (plutôt élégamment) au français (de façon un peu moins convaincante mais malgré tout poignante). Osant un contraste original entre textes plus sensitifs que sémantiques, préférant jouer sur la sonorité des mots que sur leurs sens propres, et l’efficacité de sa musique ; montrant une certaine audace dans la diversité de sa musique tout en ménageant une cohérence liée à sa voix, si facilement identifiable. C’est un disque à la fois touchant et troublant (pas forcément toujours dans le bon sens, je ne vais pas jouer le cul-cul, mais il a au moins le mérite de proposer des choses différentes de ce qu’on peut trouver sur les ondes actuelles), il tente de nous faire gravir les étages d’un immeuble en constant renouveau, vous fait arpenter des sentiers toujours différents. Entre mélodies pleines d’une petite magie de conte de fée et sonorités roots hyper contemporaines, tantôt emporter dans une action percutante tantôt accompagné dans une contemplation presque exotico-moderne, Skyscraper nous guide, avec ce que j’appelle une forme de courage indéniable, sur des routes peut-être trop peu empruntées. D’autres chemins, c’est huit titres qui ne laissent pas indifférent parfois intemporels parfois super 80′s. Qu’on aime ou pas, après une première écoute de cet album, on retient le nom de ce créateur de son, de ce chanteur délicat. On ressort touché du voyage proposé, ou troublé, ou dérangé mais avant toute chose on reste marqué.

On sent que les voyages ne font encore que commencer pour cet artiste atypique. On a l’impression qu’il y a encore des tas de routes à emprunter, du chemin de travers à crapahuter. Je ne demande qu’à en découvrir d’avantage.

Si vous aussi, vous souhaitez faire un bout de promenade en sa compagnie, je vous conseille de vous rendre ICI !

 

Olvig

 
© 2012 Les music'ovores. Association loi 1901. Tous droits réservés. Design SV/mogsart