CHARABIA FESTIVAL – Samedi 07 Octobre 2017 – Comment les mots de Kacem Wapalek m’ont scié et comment j’ai simplement kiffé façon daron sur Bigflo et Oli !

 

C’était le troisième jour du Charabia Festival mis en place par notre rémois adoré Barcella, mais le second jour de cure de musique live pour moi. Je m’en souviens : j’étais énergique, j’étais paré et préparé. J’avais enfilé mon plus cool sweat à capuche histoire de ne pas paraître trop ringard. Surtout, j’étais motivé car j’ai eu, cet été, un vrai coup de cœur sur le deuxième album des frangins from Toulouse, Bigflo et Oli. Autant le premier album était sympathique par moment, peut-être un peu trop jeune à mon goût. Celui-ci, intitulé la Vraie Vie, m’a davantage touché et réjoui. Je ne le cache pas, j’étais hyper curieux de voir ce que les deux « vingtenaires » donnaient sur une scène.
En entrant dans la grande salle de la Cartonnerie, premier coup de massue : JE SUIS VIEUX ! Je ne viens de fêter que mes 35 ans et, bon sang… C’est pas vrai ! J’ai déjà 35 ans… Une bonne moitié du public était visiblement né après la chute du World Trade Center, ce qui a fait de moi un mec qui rentre dans la catégorie « daron », vieux, ancêtre, adulte, périmé. Au fond de la salle, des dizaines de trentenaires et de quadra, parents de l’avant-scène pour la majeure partie. J’ai compris où était ma place. Puis les lumières se firent moins fortes. Puis on vit un beatmaker se pointer à ses platines. Puis un mec tout simple, en jeans, sweat et chapeau, se met à nous raconter ses histoires. Des histoires sacrément bien écrites, foutrement poétiques, joliment rythmiques. Kacem Wapalek, petit rappeur qui ne paie pas de mine devient un lion dès lors qu’il nous balance ses mots. Une voix claire, un flow étonnant, une plume élégante. Le mec est parvenu à couper son souffle et mes jambes dans un même élan.
Puis arrive enfin THE moment ! On révèle au public le décor installé sur scène : un bout de rue toulousaine. Ok ! Bigflo et Oli vont nous la jouer block party « avé l’accent »… Quand le concert commence enfin, on révèle une scénographie répartie entre projection vidéo en arrière-plan et scène quasiment théâtrale aux effets stupéfiants. Sur la façade factice on trouve inscrit « LA VRAIE VIE ». Première réflexion d’adulte de la soirée : « La vache ! Il y en a du fric posé sur les épaules de ces deux gamins ! » Commentaire blasé vite balayé… car dès la fin de leur premier titre, les deux frères annoncent la couleur : ils nous parlent comme ils le feraient au quotidien. Ceux qu’on voit sur scène, ce sont les mêmes en vrai. Pas de filtre, aucun travestissement. Ils semblent prendre du plaisir et le partage. Leur sourire est viral.

 

Illustration : Mogsart

Au programme ? Leurs premiers succès, une partie de leurs nouveaux titres, un peu de mise en scène à base de fight vocal du public et de battle pseudo-improvisée fraternelle. Du presque Karaoké avec assistance sur les projections « POP » du fond de scène. Du bain de foule encadré. Du « public » qui monte sur scène… Ce passage fut un pur moment de délice naturel ! J’en profite pour un énorme BIG UP au jeune Benjamin qui a été la star de la soirée avec sa mini chorégraphie qui a impressionnée les artistes et la rapidité de son flow sur le challenge proposé par ceux-ci lors de leur morceau « Ça va trop vite ». Il faut le reconnaître : les deux jeunes rappeurs entouré de leur équipe sont de très bon meneur de show. Ils communiquent leur énergie, leur enthousiasme sans se ménager. Ils ont des choses à dire, des mots à partager et des sourires à transmettre. Et ça marche. J’ai bondi les mains en l’air, j’ai ri, j’ai eu des yeux de gosse quand toute leur bande a débarqué en fin de concert munie de bouées « canard » géantes tout en gigotant. J’ai pris un réel plaisir à rencontrer leur monde. Du jubilatoire en barre…
A noter : le lendemain, une énorme fatigue mais aucune courbature. Je me suis traîner comme un sac de grain durant tout mon dimanche… mais ça en valait la peine… Ben oui, je ne suis déjà plus ce que j’étais mais j’arrive encore à jouir d’évènement comme ceux-ci…
Le Charabia Festival édition 2017 ! Selon moi, une réussite qui atteint son objectif : permettre au public de voir de belles et grandes têtes d’affiche de la scène francophone du moment tout comme d’en découvrir les joyaux bruts qui ne demandent qu’à briller un peu plus.

Et comme le dit si bien l’instigateur de tout ce bazar : SOLEIL !

Texte : Olvig

 
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