Charabia festival #01

Du 5 au 8 octobre, le Charabia Festival de Reims s’installe à Reims. « Ambassadé » par Barcella, et soutenu par Ulysse Maison d’Artistes, la Cartonnerie et tant d’autres, ce rendez-vous d’automne se revendique humain, populaire et sans frontière. Cette ponctuation culturelle s’inscrit dans le dynamisme de la ville, et dans une convivialité autour de la langue française. Ce vendredi 30 juin, au Cellier, la fine équipe – Barcella, Arnaud Robinet, Kalagan Llamas et Cédric Cheminaud – nous a dévoilé une programmation empreinte d’enthousiasme.
Barcella, en préambule, nous a mis au parfum…

Quelle est la motivation de cette première édition ?
En réalité, il s’agit de la première édition officielle de Charabia Festival de Reims, mais l’année dernière, on avait organisé une édition zéro, L’Estivale du Charabia. Durant un week-end, on avait eu carte blanche, au Cryptoportique, avec six ou sept artistes, et surtout jusqu’à 2000 spectateurs. Cette année, c’est une ambition renouvelée autour d’une envie commune : mettre à l’honneur l’amour des mots. C’est aussi le fruit de dix ans de travail et de partenariats intelligents et porteurs, notamment avec Ulysse Maison d’Artistes, avec la Cartonnerie, avec la Ville de Reims.
« Charabia » est un festival qui célèbre la chanson française. Mais qu’entend-on par « Chanson Française » aujourd’hui ?
Je l’entends au sens large. La chanson française, comme on le dit au sujet du festival, c’est pour les amoureux des mots et les oreilles curieuses. Pour le côté « chanson », aujourd’hui, et plus que jamais, l’expression française chantée a sa place sur scène. Y compris la musique urbaine. C’est aussi pour ça qu’on a invité Bigflo & Oli. Le rap est une forme d’expression poétique, française, chantée. Comme le slam aussi, et la poésie déclamée. J’adorerais faire intervenir Gael Faye par exemple. Pour le côté « française », on s’ouvre à toute la francophonie. La langue française est formidable de ressources. Les mots sont une médecine pour moi. Le Charabia Festival de Reims a bien l’intention de faire des ponts avec les « autres » langues françaises.
Quelle est la singularité de ce festival ?
C’est justement la francophonie mise en avant dans toute sa splendeur. Et on est à Reims : on souhaite que la ville soit au centre du festival, et donne cette effervescence qui nous est propre. Notre programmation se veut très ouverte, aussi. Et au-delà, nous souhaitons que le festival devienne « outil » : nous avons un projet pédagogique avec le lycée St Jean Baptiste de la Salle, pour l’année prochaine, avec des artistes québécois. Nous avons une volonté de partenariat avec l’hôpital pour enfants… afin que la culture chantée, et les beaux mots aillent au-devant du public qui ne peut se déplacer. Enfin, nous voulons aussi que le festival soit une référence en matière de découvertes : il y a encore tellement de jeunes et bons talents à découvrir…
En quoi la ville de Reims accueille-t-elle bien les festivals ?
Reims est une ville de culture. Quoiqu’en disent les mauvais esprits, pour s’ennuyer à Reims, il faut y mettre beaucoup de mauvaise volonté. Nous bénéficions d’une politique audacieuse, tournée en confiance vers les projets novateurs. Et n’oublions pas que Reims est une ville étudiante, et donc curieuse ! Mais pour bénéficier de tous ces atouts, il faut fédérer. C’est le but majeur de l’organisation d’un festival.
Quelles sont les grandes lignes de la programmation ?
On la dévoile aujourd’hui ! On donne rendez-vous à la Cartonnerie, pour quatre jours de musique. On démarre le jeudi 5 octobre avec Buridane au Floor, pour un concert-apéro, et ensuite, une scène partagée au Club, avec Mathieu Boogaerts et Tété. Le vendredi, même concept : apéro-chanson au Floor avec Askehoug et Grande Salle ensuite, avec Ben Ricour et Olivia Ruiz. Ben Ricour a déjà écrit pour Olivia Ruiz, ça va être un moment complice ! Le samedi 7, on mise sur les jeunes scènes, pour un public plus « jeune » aussi, avec Kacem Wapalek et Bigflo & Oli dans la Grande Salle. Et enfin, le dimanche 8, on se met à la hauteur des plus petits, avec « Icibalao », un conte philosophique pour enfants, et, après un goûter, un concert rock de Epikoi Enkor, pour finir le festival dans la danse et la bonne humeur !
Charabia Festival de Reims, une édition 2017 isolée, ou vraie volonté de pérennité ?
Vraie volonté de pérennité ! On se projette déjà loin. On veut s’inscrire dans le temps : on en a l’envie de l’audace. Et je suis bien accompagné !

Propos recueillis : Agathe Cèbe

 
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