A l’eau de Javel – Anaïs

C’est un bien étrange album, aujourd’hui, que je me suis mis sous les crocs, malgré ce qu’on peut penser en lisant le titre de l’article. Car, oui ! Je parle bien du nouvel album de la chanteuse Anaïs, celle-là même qui m’avait ravi les portugaises avec son Cheap Show en 2007 et m’avait laissé, je l’avoue, un peu sur ma faim l’année suivante avec son Love Album

Depuis peu de temps, elle nous revient avec un drôle de projet : remettre aux goûts du jour, ou juste à sa sauce (avec une grande mixité de genre, comme à son habitude), une treizaine de chansons tombées en désuétude. La demoiselle s’est alors plongée dans les répertoires d’Arletty, Edith Piaf, Mistinguette et autres Eliane Embrun (on se croirait à Feu la Chance aux chansons, je sais), nous a passé ça « à l’eau de Javel », d’où le titre, pour donner un coup de frais à tout ce monde et nous a sorti ce truc bizarrement fun, poétiquement amusant… Je ne vais pas vous le cacher, à la première écoute, on se fout bien que cela soit des reprises. On écoute ça avec une grande facilité, un petit rictus d’espièglerie et un sourcil relevé de curiosité. Parce qu’on sent qu’il y a un décalage. Et puis quand on est aussi tordu que votre serviteur, on va chercher les titre sur un bon serveur internet et on s’éclate à découvrir le fossé qui s’ouvre entre les deux versions de ces chansons. C’est une valeur ajoutée indéniable, parfaitement maîtrisée par la jeune marseillaise (accessoirement de passage dans notre bonne région Champenoise, le 31 mars, à l’Orange Bleue (Vitry-le-François). Elle réveille un vieux Tina Turner pour le kif, elle déterre des voix d’outre-tombe comme celles de Carmen Sevilla (starlette des films musicaux des années 30) ou de Zarah Leander (chanteuse allemande des années 30, mise aux rebus pendant de nombreuses années pour sa non-révolte contre le 3ème Reich) de façon totalement inattendue… Elle nous fait danser, sourire…

J’ai une affection particulière pour Je n’embrasse pas les garçons, pour son côté « Je fais un air tellement entraînant que si tu le fredonnes pas durant 15 jours, je comprends plus rien » et Le Petit cochon en pain d’épices, chanson réaliste interprétée a capulco, avec une sensibilité décoiffante. Enfin bref…

Un album simplement jubilatoire qui s’écoute et se réécoute sans lasser !

 

Olvig

 
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